Raven Starblood

August 10, 2011

Ominous Black - Repressed memories of the collective subconscious EP (2010)


Tout l’héritage de Sleep mélangé à celui de Neurosis dans une mixture sapide et terrifiante où quelque chose de Khanate (donc du génial Alan Dubin) hante les vocaux, vous croyiez ça possible vous ? Moi à peine, mais Ominous Black l’a fait. Et ô combien bien. Si je dois avouer ne guère écouter en boucle les disques (enfin virtuels le plus souvent les disques vous l’avez compris, et c’est encore le cas ici puisqu’on peut trouver cet EP que sur Bandcamp en échange d’une aumône (1$, qui dit moins ?) que je chronique dans cette rubrique (j’ai encore un résidus d’instinct de survie au fond de ma vieille âme usée), ce n’est pas le cas avec cet Ominous Black, qui en est à une rotation inhabituelle entre mes enclumes et mes étriers. Peut-être parce que les guitares ne sont pas monolithiquement lourdes, parce qu’il y a quelque chose des atmosphères du Cure de Pornography qui en font une écoute moins assommante (attention, j’adore ça être assommé, juste que ce n’est pas un état chronique très supportable) que beaucoup de groupes de même obédience vantés ici, et puis aussi qu’honnêtement une telle capacité à évoquer un romantisme macabre et aérien ne me paraît pas avoir été fréquent dans l’histoire de la musique. En particulier les options en matière de guitare sont remarquablement pertinentes (comme si le Velvet et Black Sabbath jammaient ensemble et se passaient le relai) et se réécoutent sans cesse, histoire d’être certain qu’on n’a pas rêvé. Et puis aussi parce qu’avec Ominous Black, les réminiscences progressives ne sont pas une resucée qui sent l’ersatz, mais une appropriation qui retrouve réellement la magie des années 70. Rien que l’intro de « Consolidated Dimentions and Traveling Division » devrait laisser sur le cul les amateurs, et faire rapidement oublier les Porcupine Tree et assimilés. Sur ce même titre, il y a même des résurgences du meilleur math-rock (parce qu’attention le genre a mis bas de sacrées portées de nourrissons comateux), celui de Don Caballero, et on se demande ce qu’Ominous Black pourrait bien ne pas savoir intégrer à son univers, en faisant par là une sorte de musique œcuménique, ce qui pour un genre qui se range tout de même sous le signe des démons, est assez audacieux (mais l’universalisme du mal, être ou vivre, est bien plus fort que celui du bien). Sur le 3ème morceau de ce tryptique incroyable, le thème parvient à évoquer Strawbs (non je ne les entends pas partout, je jure que c’est vrai). Bref, bien que paru en août dernier, cet EP mérite de servir de décor sonore à cet été.






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